ÉLOGE À LA PHILOSOPHIE JUIVE

Je lisais dernièrement un très long article de Maurice Ruben HAYOUN: Qu'est-ce que la philosophie juive?

L'article commençait ainsi:
.''Faire suivre le substantif philosophie de l'épithète juive a souvent intrigué les lecteurs, au point que certains spécialistes se sont même demandé si une telle chose, la philosophie juive existait vraiment. On s'est donc longuement interrogé à la fois sur l'essence de cette philosophie et sur son existence même. Tant la mise bout à bout de ce substantif et de cette épithète ressemblait, au gré de certains, à une sorte d'oxymore.

Et terminait ainsi:
.''La sagesse se confond avec les origines du monde. Elle dispose d'une antériorité éternelle sur toutes les découvertes techniques et scientifiques ainsi que sur l'Histoire. C'est en ce sens qu'elle est l'archétype intelligible et religieux de l'univers.''

J'avoue avoir trouvé la lecture un peu pénible, tant par son contenu plutôt ardu que son style trop professionnel à mon goût. J'ai donc décidé d'écrire quelques paragraphes beaucoup plus simples avec l'intention de démontrer que la philosophie juive à toujours existé et je vais le faire sans trop introduire Dieu qui se trouve omniprésent dans toutes les études sur ce sujet.

Cela sera-it possible?

Je vais essayer, peut être en commençant avec le Traité des Principes ou les Maximes des Pères (???????? ) qui a mon avis est plein de sagesse.
J'insiste sur ce mot car en grec philosophie vient de philo = ami et sophos= sagesse, donc le philosophe serait l'ami de la sagesse.

Et qu'est-ce qu'un philosophe?

Le dictionnaire vous dira que c'est une personne qui étudie la philosophie, qui s'efforce de découvrir les principes des sciences, de la morale, de la vie en général, et qui tente d'organiser ses connaissances en un système cohérent.
Et moi je dirai que c'est un penseur. Et un penseur généralement à une ou des idées qui le font réfléchir sur le fond de la chose. Il passe du temps, parfois une vie à comprendre cette chose .

Au point où, la masse ne le comprenant pas le traite de malhonête, de profiteur alors que celui-ci ne cherche qu'a améliorer la vie pour la soci été.
Et pourtant cet individu est sage, tolérant et serein. Voici donc d'autres qualités, hormis la sagesse dont nous avons parlé plus haut, la tolérance et la sérénité. que de mots merveilleux, que l'on doit associer à la philosophie.

Ce philosophe passe donc sa vie à argumenter, raisonner et discuter de plusieurs sujets. Ce qui rappelle les étudiants à la yéchiva lorsqu'il s'interpellent et parlent à haute voix pour s'entendre et se raisonner et en même temps penser comment expliquer et philosopher sur leur sujet. Un philosophe sort du chemin ordinaire car il approfondit tellement les choses et utilise des mots tellement savants qu'on ne le comprend pas toujours, c'est pourquoi Il aime avoir pour compagnon quelqu'un qui le suivrait dans ses démarches. Or, et il est malheureux de le dire, il n'y a pas grand monde pour répondre à cet appel et il se retrouve souvent seul

Il existe depuis le début des temps plusieurs philosophies, car chaque culture a voulu sinon imposer sa philosophie, du moins la partager, et il n'y a pas de raison que le Judaïsme soit exclu de cette panoplie.
Plusieurs diront que le Judaïsme est une religion d'amour et de vérité. J'en conviens, car ces deux mots, amour et vérité se retrouvent souvent dans plusieurs écrits bibliques et autres.
Pourquoi donc ne pas les associer à notre philosophie juive? On pourrait ajouter aussi la justice et la concorde. D'ailleurs ces mêmes mots se retrouvent dans la bouche de Siméon fils de Gamaliel qui les a empruntés au prophète Zacharie. Et il ne faut pas oublier la connaissance. Car c'est bien Socrate qui a rép été:´´ Connais toi, toi même ´´et il faut reconnaître que la connaissance (???) est un des piliers de la Kabbale.

Je vais relever un passage et quiconque le lira, l'attribuera à sans hésitation à ce cher Socrate:
Et voici le passage:

´´La sagesse prêche dans la rue, sur les voies publiques elle élève la voix. Elle appelle à elle au milieu des bruyants carrefours, à l'entrée des portes. En pleine ville elle fait entendre ses discours: ´´Jusqu'à quand, niais, aimerez-vous la sottise, et vous persifleurs, aurez vous du goût pour la moquerie? Jusqu'à quand, insensés, haïrez- vous le savoir? Cédez à mes remontrances, voici, je veux vous ouvrir les sources de mon esprit, vous enseigner mes paroles´

Socrate, n'est- ce-pas? Détrompez vous, il s'agit de Salomon, dans les Proverbes. Se pourrait-il que Socrate s'en soit inspiré? Je le crois fermement. N'avons nous pas entendu que Pythagore à voyagé dans tout le Moyen Orient pour apprendre toutes les sciences.

J'ai toujours aimé la chronologie, lui accordant le crédit d'avoir été là avant autre chose, en l'occurrence, je reconnais que plusieurs de nos sages ont existé et ont parlé bien avant les fameux Platon, Socrate et Aristote. Et les mots savants de nos sages, pour moi représentent non un peu, mais beaucoup la philosophie juive.

Un fameux dicton précise ´´Saches devant qui tu te tiens´´

(???????????????) et je sais qu'il y a là référence à Dieu, or ayant décidé de soustraire Dieu de mon exposé, je me contenterai de souligner la notion de connaissance, de savoir. Ce qui a fait dire à certains que la connaissance est le pouvoir.

Curieusement, aucun de ces philosophes, sensés être dotté de connaissance n'a jamais été au pouvoir et plusieurs générations ont souhaité avoir comme monarque un philosophe, espérant qu'il les sortira de leur malheurs. Et on attend toujours.

Parlant de sage, nous oublions un de nos premiers sages. Nul autre que le roi Salomon (env. l'an 1000 avant notre ère, donc bien antérieur aux fameux grecs). Il avait donc sa propre philosophie que nous retrouvons dans son Ecclésiaste et ses Proverbes.
Il a bien dit: ´´Heureux l'homme qui a atteint la sagesse et plus loin ´´ qui acquiert de la sagesse, acquiert de la raison ´´.

Tout le monde connaît la cigale et la fourmi'' de La Fontaine. Lisez ceci:
.''Va trouver la fourmi, paresseux, observe ses façons d'agir et deviens sage: elle n'a ni maître, ni surveillant ni supérieur, et elle prépare sa nourriture durant l' été, elle amasse ses provisions au temps
de la moisson ´´

Ce passage vient du chapitre VI des Proverbes. Se peut-il que La Fontaine y en ait pris connaissance? J'en suis sûr.
Si je m'entendais, je serai tenté à considérer ces deux livres comme étant la base même de toute philosophie dite juive. Mais il y a plus:

Prenons un exemple, la parole, c'est Salomon qui a dit qu'un beau parleur occasionne des péchés à ceux qui l'écoutent, car à force de trop parler,on dit de mauvaises choses.
La multitudes des paroles n'est pas exempte de péchés. Il va même plus loin et nous avertit qu'un grand parleur est estimé de mauvaise rencontre.
SImon fils de Shatah a dit; ''interroge longuement les témoins et pèse bien les paroles que tu leur adresses afin qu'ils n'apprennent point par elles à fausser la vérité.
Parle peu et agis beaucoup et accueille tout le monde avec amabilité.''.

Je suis persuadé que plusieurs, plus tard ont repris ces belles paroles, mais elles ont été originalement dite par un Juif.

Je dis cela et pense à tous ces démagogues, ces personnes politiques qui feignent de soutenir les intérêts des masses pour mieux les dominer. Méfiez vous donc de ces flatteurs qui professent leurs propres théories. Et le philosophe est loin d' être un de ceux-ci.

Et que dire du silence?
Siméon, fils du Rabbin Gamliel a dit: j'ai passé toute ma vie au milieu des sages et je n'ai rien trouvé de plus sanitaire que le silence. Ce n'est pas l'étude qui est l'essentiel mais la pratique.

La plus belle leçon d'humilité qu'il m'a été donné d'apprendre vient de ce dicton: celui qui dit une chose au nom de son auteur apporte la délivrance au monde. Et toute ma vie, j'ai désiré hâter cette délivrance. C'est pourquoi je donnerai toujours crédit à qui de droit. Et cela je l'ai appris de la philosophie juive.

Le mot même philosophie, avec le temps se mît à être utilisé à tout escient . On parle de la philosophie de la peinture, comme celle du travail, de la philosophie de la pensée comme celle du racisme.

Et que dire de cet autre dicton; Celui qui court après l'honneur,l'honneur s'éloigne de lui.. Shemaiah disait:Aime le travail, fuis les honneurs et ne recherche point la faveur des grands

Quant à la justice, c'est Hillel qui a dit; ne juge pas ton prochain avant que tu te sois trouvé dans la même situation que lui. Ce que les Indiens d'Amérique ont plus tard changé en ; ne juge pas ton prochain avant d'avoir marché un mille dans ses mocassins.

Une chose me revient et que j'ai toujours enseigné à mes enfants:´ l'élève timide n'apprend rien, encore de Hillel. Et j'insistais à ce qu'ils lèvent la main lorsqu'ils ne comprenaient pas pour que le maître ou la maîtresse répète.
Quelle ne fut ma joie lorsque mon fils, à l'âge de sept ans, ayant compris mais réalisant qu'une autre petite fille dans sa classe n'a pas compris, à levé la main pour que le maitre répète et ainsi lui permettre de mieux comprendre. En m'annonçant cette nouvelle, je le serrai fort et me félicitai de cet apprentissage. Et où ai-je appris tout cela? Dans la philosophie juive.

Dans notre monde des affaires aujourd'hui, le monde à tendance d' être absorbé par le commerce et Hillel nous dit: Celui qui se laisse trop absorbé par le commerce n'acquiert pas la sagesse. Donc il n'est qu'à nous de choisir car nous nous devons de nous efforcer d' être un homme, là où il n'y a pas d'hommes.

Un dernier mot de Hillel qui peut résumer toute une vie; ''Augmenter sa chair, c'est augmenter les vers, augmenter sa fortune, c'est augmenter ses soucis, plus on a de serviteurs, plus on est volé. Augmenter ses connaissances, c'est prolonger sa vie, consulter souvent, c'est développer la prudence. Faire beaucoup d'actes de charité, c'est propager la concorde. Celui qui acquiert une bonne réputation, se procure un bien ici-bas, mais celui qui acquiert la connaissance de la Loi divine se procure la vie éternelle. Pour finir ou presque: Il nous a également appris que le monde se maintient par trois chose; par la vérité, la justice et la concorde. Il a ainsi repris les paroles du prophète Zacharie.

Je ne peux finir sans ajouter une recommandation fort puissante de notre Roi Salomon:
´´Écoute mon fils la morale de ton père et ne néglige pas les commandements de ta mère ´´

Le lecteur remarquera que je n'ai guère relevé nos philosophes juifs plus contemporains, tels les Maimonide, Spinoza ou Buber et autres, me limitant à des périodes fort antérieures desquelles, je crois fermement que nous avons tous tout appris et j'en ai la forte conviction.

Il ne nous reste qu'à être fier de ce merveilleux patrimoine qui nous a été légué en héritage.
Certains diront: ''Heureux qui comme Ulysse''...je dirai: Qui comme nous a eu des anc êtres qui ont su nous démarquer par la sagesse qu'ils nous ont prodiguée
.