LE SENS DE LA VIE.   ACTE 2

Il est difficile ces jours- ci de comprendre, voire donner une justification au sens de ma vie.
Le  devoir  fait précédemment  ( ACTE 1)  s’adressait au monde en général et maintenant, je veux l’attribuer à moi- même,
Je me repose souvent la même question: Que fais-je de ma vie?
Celle-ci n’a rien d’excitant.
Curieux, nous cherchons toujours l’excitation, comme si cette dernière avait la plus grande importance dans notre vie.
Il est reconnu que cette pandémie qui dure voilà plus d’un an a boulversé le mode de vie de tout un chacun et nous n’y pouvons rien,  voyant que les gouvernements eux- mèmes sont perdus, alors nous passons notre temps à attendre. Attendre que tout aille mieux.


 C’est ce mieux qui nous manque.
J’aimerai revoir les notes que j’ai écrites au commencement

Alors que j’ecris, il y a un lézard qui se promène dans le jardin et voilà qu’il se présente à mes pieds. Il est là, arrêté, sans bouger une longue minute. Je l’observe et attend qu’il bouge. Il avance de quelques centimètres et de nouveau s’arrête, levé la tête et décide où se diriger.
Pense-t-il comme moi? Où aller? Est-t- il  bien  dans son état ? Dois-je l’envier? , lui qui n’a pas mes problèmes? Parce que, oui, j’en ai.  Comme tout le monde d’ailleurs et cela ne rend pas le problème moindre de savoir que d’autres souffrent autant que moi.
Je considère être la victime de cette situation qui n’est guère agréable. Et j’avoue que je n’aime pas le mot victime. Pas plus que le mot vieillesse, car à mon âge, aujourd’hui, à 76 ans, je dois faire face à cette malheureuse réalité qui fait de moi un vieux. 

Vieux! Je déteste ce mot. Je me souviens quand j’avais vingt ans et non patron en avait trente, je le prenais pour un vieux. Imagine-toi aujourd’hui!
Je dis bien victime, car les autorités  ne cessent de nous imposer toutes sortes de restrictions. Pour sortir et aller n’importe où, il faut porter un masque et garder ses distances d’autrui. Il faut se laver les mains à toute occasion et attention de ne pas éternuer en public.

J’ai toujours considéré intelligent celui ou celle qui résout un problème . N’ayant pas réussi à résoudre le mien, je me considère loin d’être intelligent.
En réalité, quand il y a un problème, plusieurs possibilités se présentent pour le résoudre et on doit trouver la meilleure, la mettre en application et bingo le tour est joué! 
Mais ici, ce n’est pas le cas. Grand Dieu comme j’aurai aimé trouver la réponse.
Et je suis persuadé ne pas être le seul à la chercher.
Pourquoi ce manque? Pourquoi cette faille?

Dois-je  me résoudre à penser comme les plus religieux d’entre-nous qui prétendent que cela est une punition du ciel qui nous punit de n’avoir pas été de bons citoyens, d’avoir manquer de respect, de compassion, de soutien à autrui. D’avoir été égoïste et négligeant. D’avoir été à côté quand le mendiant se présentait , de ne pas avoir ouvert la porte à cette pauvre femme traînant son nourrisson. D’avoir refusé de prendre des appels de charité. De ne penser qu’à soi. 

Oui, c’est bête comme la vie peut changer du jour au lendemain. C’est presque comme à la bourse quand le mauvais stock est choisi et que celui-ci s’effondre, emportant avec lui votre pension. Ou lorsque vous perdez votre emploi car l’économie va mal. Et plus près de nous si vous contractez le Covid et que votre vie est maintenant incertaine.
C’est ça la vie?
Comment ne pas se poser la question?

Quant à moi, je vis ma petite vie, la plus simple du monde, me contentant de ce que j’ai et j’ai appris avec l’âge que là se trouvait la richesse. J’ai ma part et ne cherche pas à avoir celle de mon voisin.
Chest fou combien cette simple réflexion m’a ouvert les yeux.

Je suis assis dans mon jardin à écrire ce texte, à écouter autour de moi les oiseaux chanter. Je suis sûr qu’ils communiquent entre eux et s’envoient sans cesse des messages. Je suis là  à regarder mon rosier qui a décidé d’enrichir mon panorama de cette belle couleur rose. Le lézard est parti er  je suis sûr qu’il reviendra. Le ciel est beau en ce début Mai et un léger vent fait tournoyer les palmiers pas loin de moi

Et la vie ou plutôt ma vie vient de changer. Je me sens beaucoup mieux qu’au début de cet écrit et pourtant cela n’a fait qu’une petite heure.
Je crois que nous tous, de temps en temps devons trouver cet instant très personnel et le passer avec nous mêmes. Si l’on n’écrit pas, il suffit de se concentrer et penser tout bas. Cette petite solitude fait du bien.
Je viens de me le prouver.