SOMMES-NOUS VIEUX ?

La question que je me pose est: Sommes-nous vieux? Vieux au point de ne plus être capable de faire tout ce que nous avons fait ces dernières quinze années?

Les deux expressions très françaises sont:´ une vielle dame ´ et il est plus vieux que sa femme ´ nous restent dans l'esprit, même si dans mon cas, elles ne s'appliquent pas.
Et voila que je refuse d'admettre d'autres expressions quoiqu'elles fassent partie de notre chère langue: ´ vieux jours, vieillesse , faire des économies pour ses vieux jours ´.

Quelqu'un m'a dit qu'un vieux c'est un ancien qui existe de longue date. Comme le bon vieux temps où un vieil ami.
Or être vieux c'est aussi quelque chose de détérioré, d'usagé, qui a beaucoup servi, comme une vieille paire de chaussures. Et dire qu'une personne âgée comporte une nuance quelque peu péjorative ou condescendante.

Peut-être qu'un jour quelqu'un viendra s'occuper de ces deux petits vieux. Positivement on pourra dure que c'est un vieux de la vieille ou un vieux rentier.
Hier, j'ai entendu un ami dire d'un autre qu'il a pris un drôle de coup de vieux, au point que c'est à peine s'il l'a reconnu. Je ne souhaite pas le jour où on voudra se débarrasser de moi comme d'une vieillerie.

Et maintenant allons contrecarrer tout ce qui a été dit de méchant à propos du mot vieux, à savoir nous opposer à tant de médisances dont nous devons ne plus faire cas.

Pour moi, être vieux signifie être sage. Je me souviens que lorsque j'avais vingt ans, je voulais en avoir quarante car on m'a dit que la sagesse vient avec l'âge. A quarante ans, j'ai demandé: sagesse où es tu? Elle m'a répondu: attend d'avoir soixante ans. J'ai fait de même à soixante ans et aujourd'hui, à soixante quinze, je la cherche toujours et je crois m'en approcher.

Si les jeunes d'aujourd'hui pouvaient respecter les vieux, apprendre d'eux qui ont vécu ce qu'eux n'ont pas encore connu, peut-être avancerons-nous dans une meilleure direction.

Il reste que tous ces vieux qui nous ont précédé ont laissé derrière eux tant d'écrits et de connaissances dont nous profitons aujourd'hui. Pourquoi ne pas leur donner le crédit qui leur est dû. Qu'il s'agisse d'Aristote ou de Spinoza, d'Einstein ou de Martin Luther King Jr, ces vieux sont devenus des idoles pour la jeunesse d'aujourd'hui qui a su trouver en eux, l'inspiration.

Je ne parie pas là de la phase de la respiration au cours de laquelle l'air entre dans les poumons. Non, je fais allusion à l'impulsion créatrice, cet état d'illumination sous l'empire duquel il serait possible de recevoir des révélations et dès stimulations.

C'est certes grâce à ces vieux qui nous ont tant appris que nous sommes brillants au point de produire sans arrêt tant de nouvelles inventions. Malheureusement, nous les oublions, comme on nous oubliera, nous les vieux d'aujourd'hui.