ELOGE AU C?LIBAT

celibat

Et voilà, c'est un homme dans la cinquantaine, marié depuis moult années qui décide aujourd'hui d'écrire un article sur les mérites d' être célibataire.

Que diable lui prend-il pour venir bousiller tout le bon sens qu'il avait cru accumuler dans une vie de famille toutes ces années?

Il a vu autour de lui et a compris les hauts et les bas que certaines situations imposaient aux individus pris dans ce que nous appelons la soci été.

Une étude ainsi qu'une recherche est nécessaire pour mieux comprendre et apprécier les résultats de ce travail.

La première question qui vient à l'esprit est : Pourquoi se marie-t-on et ainsi dispose ?t-on de notre vie de célibataire?

Mille réponses se bousculeront.

Entre autres : faire comme papa et maman, il nous faut fonder un foyer et maintenir la vie telle qu'elle est, car n'est ce pas là l'idéal, sinon l'objectif de notre soci été?

Eh bien, nous allons maintenant essayer de démolir ce principe car il n'est peut- être plus à la page.

S'il existe un partage des t?ches dans une famille dite normale, alors le père travaille pendant que la mère s'occupe de la maisonnée.

J'ai bien dit normale car aujourd'hui, la mère travaillant, le partage des t?ches en est tout autre.

Nous y reviendrons à cette nouvelle famille. Contentons nous de la normale.

A toutes fins utiles, je sors les ordures et cela ne me dérange pas. Il m'arrive même de mettre la vaisselle dans la machine pour aider et éviter de remplir l'évier. L? n'est pas mon point. Je ne suis pas manuel, plutôt pousseur de crayon et lecteur et cela rend ma femme furieuse.

C'est elle le contracteur dans la maison. Elle fait tout et se débrouille même bien. Mais moi, ça ne me tente guerre.

Ce qui revient à dire, pourquoi ne me laisse-t-on pas faire ce qui me plait et que je devrai faire ce qui plait aux autres.

Simple, non?

J'ai croisé dernièrement trois personnes, toutes des femmes

L'une dans la quarantaine, l'autre la cinquantaine et enfin la troisième dans la soixantaine. Les deux premières célibataires malgré elles, la dernière, veuve.

La première n'a pas eu de chance, elle qui aurait souhaité se marier, avoir des enfants et fonder une famille. Elle a un

bon boulot mais ce n'est pas assez. Elle a de la difficulté à faire face à cette situation qui la rend amère et triste.

La seconde, un peu comme la première, mais elle, a développé avec sa famille immédiate, belles soeurs, nièces etc un rapport affectif qui lui rempli la vie. Elle en est heureuse au point ou elle oublie qu'elle est célibataire. Elle re?oit de ses petites nièces des cartes pour la f?te des mères, donc de quoi la rendre heureuse.

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La troisième semble avoir bien pris le départ de son époux de plusieurs années mais est choquée par le comportement des hommes car ils ne cherchent que la bagatelle. Ce sont ces propres paroles. Elle ne cherche donc pas de compagnons et s'en tire ainsi, préférant d'agréables déplacements même si elle est seule.

Qu'aurai-je fait à leur place.

Un fait est que la solitude me déplait et je ne m'imagine pas vivre seul, c'est peut- être pourquoi toutes ces années, même si parfois, j'étais f?ché, j'ai préféré le statu quo plutôt que renverser la vapeur.

Aujourd'hui, on dirait que c'est tout autrement que je vois la chose.

Pourquoi se priver de quelque chose qui nous plaité

Nous avons une vie à vivre et ne la vivons pas comme nous l'aurions souhaité. Qui faut-il blàmer sinon nous-mêmes ?

Et c'est la donc là l'objet de ce papier.

Je dirai à ces trois dames : Mais voyons, vous ?tes libres, vous n'avez de compte à rendre à personne. Libre à vous de faire à votre guise. Si tel homme n'a pas voulu de vous, il y en a d'autres. Vous pouvez choisir qui vous voulez quand vous voulez. Vous vous ?tes certes habituées à la solitude, mais elle est votre compagne et votre complice. Vous aimez être seule. A vous de faire ce qui vous plait sans vous sentir restreinte par une quelconque obligation.

Je dis cela et pense à moi.


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Dieu que j'aurai aimé avoir cette liberté d'action. J'avoue que jusqu'? un certain point, je l'ai, car je voyage beaucoup et contrairement à la moyenne, j'ai une vie agréable même en dehors de chez moi, mais, on dirait que ce n'est pas assez. On veut toujours plus.

Je devrai peut- être me faire une liste de toutes ces belles choses dont je me sens privé et voir si une fois libre, je pourrai les actualiser.

Une chose est certaine, finies les désagréables corvées qui me frustrent mais que noblesse oblige, je me dois de respecter.

A l'instant même, je pense prendre une décision et me demande si je suis à capable d'aller au bout de mon idée.

Je pars dans une semaine pour un voyage d'affaires d'une semaine à l'étranger. Pourquoi ne resterai-je pas une semaine de plus et alors me sentir libre de faire ce qui me plait à Je dois cependant en parler à qui de droit et faire

face à la possibilité d'un avis contraire. Devrais-je me f?cher? Si j'étais célibataire, je n'aurais pas ce problème.

J'exagère un peu, mais je me sers de cet exemple pour démontrer qu'un simple incident peut donner à réfléchir.

N'ayant jamais vécu seul, je ne sais pas cuisiner. Il faudra que je m'y mette au T.V d?ners dont je ne raffole pas et les restaurants, à la longue, ce sera aussi imparfait. Peut- être trouverai-je une ?me soeur qui cuisinera pour moi, mais là encore, pourquoi m'acoquinerai-je avec quiconque si je préfère ma liberté.

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Oh, le gros mot est sorti du sac.

Tout le monde parle de cette fameuse liberté dont je crois que le sens a tellement changé qu'elle n'est pas la même pour tous. Ma liberté n'est pas celle de l'autre et vice-versa.

Un mot fameux de Jean Paul Sartre me revient ?´ l'esprit :

L'individu est continuellement 'en situation' c'est à dire, placé dans des conditions matérielles qui font que sa liberté détermine l'obligation incessante d'un choix, lequel n'est jamais totalement justifiable''.

Et voila que le choix est associé a la liberté.

Mais j'avoue que j'aurais préféré être comme Zorba le Grec et dire : ''Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre''.

Un certain poète a bien dit un jour que ''la liberté ne se donne pas, elle se prend'' et c'est définitivement ce que chacun d'entre nous se doit de faire, la prendre.

Il reste cependant clair que la définition actuelle du mot liberté c'est le droit de faire ce qui est permis