LA SOLITUDE

Je me sens seul. Et cette sensation n'est guère agréable. Et pourtant j'ai bien du monde autour de moi.

Pourquoi tout un coup me vient sentiment? Moi qui me crois toujours être l'ami de tout le monde. Car, en effet, je me lie rapidement d'amitié avec tout celui où celle que je rencontre. Que ce soit à l'épicerie, à la station d'essence ou au club de gym, il me suffit d'u court instant pour entamer une conversation et bingo, nous voilà partis.

Je lisais dernièrement un livre de Jacques Attali ( un nom qui signifie en arabe
´il m'a donné ´) que j'aime , et ai trouvé cette phrase:
« Un être humain ne naît véritablement que lorsqu'il prend conscience de sa solitude. C'est cela la renaissance." Attali poursuit son raisonnement pour arriver à un parallélisme fort simple. Il ajoute " Et la renaissance de l' Europe commencera par la prise de conscience de sa solitude." Il faut croire en effet que l'Europe de ce temps là l' n'était guère amie de personne. Il ajoute

«Et c'est cette solitude qui l'amènera à défendre ses trésors, ses talents et sa place de première puissance du monde»

Comment vais-je essayer de me retrouver dans ces belles paroles pour me sortir de ma solitude.? Il dit bien que cela pourrait être ma renaissance. Ai-je vraiment besoin de renaître? Moi qui ne cesse de penser, prenant ainsi le risque de ma solitude et de mon inquiétude.

Je vais soulever ici un point important: Bien qu'ils puissent sembler similaires, la solitude et l'isolement sont deux états très distinctifs.C'est à dire deux expériences extrêmement différentes. Car la solitude est quelque chose qu'on choisit , et isolement nous est imposé par les autres.

Il faut croire que dans mon cas la solitude est devenu ce désir de prendre plaisir de ma propre compagnie et de m'apprécier tel que je suis. Alors que l'isolement est un sentiment d'abandon, que quelque chose me manque, que nous nous détachons du monde,
J'ai beau me considérer sage a l'intérieur de moi-même, mais la solitude est plus forte que moi. C'est pourquoi je vais plonger mon âme dans la tranquillité et me retrouver ainsi.

J'ai pourtant quelques amis que je ne vois pas comme avant. Je pense souvent à eux et me demande parfois si eux pensent à moi. Si c'était le cas, m'ont-ils oublié? Loin des yeux, loin du cœur aurait dit Victor Hugo.

Un mot d' Aristote me revient pour qui la solitude implique que toute vie hors de tout groupe social n'est supportable que pour un être surhumain ou pas totalement humain. Je suis persuadé que ce n'est pas mon cas. Et je me dois de surmonter la peur d'être seul et qu'ainsi j'utiliserai la solitude de façon constructive. Qui sait peut-être m'ouvrirai-Je à la créativité?
Quelqu'un a dit que la créativité est essentiellement un art solitaire. Une lutte encore plus solitaire. Une bénédiction pour certains. Une malédiction pour d'autres

Et dire que pour les peintres, sans grande solitude, aucun travail sérieux n'est possible . C'était bien le cas de Pablo Picasso.
Qui parmi nous prend le temps de faire de longues marches sur la plage afin de pouvoir écouter ce qui se passe à l'intérieur de sa tête? Albert Einstein l'a fait, lui.

J'aimerai croire que lorsque nous étions jeunes, la solitude était une souffrance. Nous croyions que personne ne nous aimait alors qu'à notre âge la solitude peut être agréable, elle nous repose des autres.

Oui, j'ai croisé dabs ma vie des gens qui aimaient être seuls. Je ne les comprenais pas et me demandais comment pouvaient-ils être heureux? Ce n'est que plus tard que je réalisais que ces gens, seuls étaient libres, qu'ils chérissaient leur solitude en proportion exacte de leur propre valeur. Et ceci me rappelle un mot brillant de nul autre que Nikola Tesla, devenu populaire par l'auto qui porte son nom. Il a dit : « Être seul ─ c'est le secret de l'invention : être seul, c'est à ce moment-là que naissent les idées. »

Quant à moi, je combats ma solitude en lisant et en écrivant. C'est devenu un passe temps et une occupation quotidienne. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Je pense au sujet que j'élabore et cherche de quoi l'enrichir.

Si j'étais philosophe, j'aurai osé dire comme Arthur Schopenhauer que
« la solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d'être avec soi-même, et le second de n'être pas avec les autres »

J'ai aussi pris note d'une longue phrase d'Henry David Thoreau qui pourrait résumer bien des choses. Dans son cas, il trouvait salutaire d'être seul la plupart du temps. Pour lui, la compagnie, même la meilleure, est bientôt fatigante et nocive. Il aimait être seul. Il n'a
jamais trouvé compagnon d'aussi bonne compagnie que la solitude.
Il ajoute : « Où qu'il soit, l'homme qui pense ou qui travaille est toujours seul. La solitude ne se mesure pas à la distance qui sépare un homme de ses semblables. »

A lire un let ce texte, on croirait que la solitude est plutôt négative, or un certain Camus lui a trouvé des aspects positifs. Il considère qu'il y a différentes solitudes. La solitude intérieure que nous sentons dans la société, qui est affective et sociale et la solitude silencieuse, qui elle , est angoissante. Je crois que la communication est importante, elle est d'ailleurs un remède prescrit. Elle. Lus permet de déceler un acheminement de l'angoisse à la sagesse et de passer ainsi d'une e solitude néfaste à une solitude salutaire et fructueuse.

Alors qu'à l'origine, le titre de ce sujet semblait plutôt désagréable, il faut croire qu'à l'étudier, à s'y intéresser, il devient acceptable, voire parfois souhaitable.

                                          SOLITUDE

I feel lonely. And this feeling is not very pleasant. And yet I have many people around me.

Why do I suddenly feel this way? I, who always believe myself to be everybody's friend. Because, indeed, I quickly become friends with everyone I meet. Whether it's at the grocery store, the gas station or the gym, it only takes me a moment to strike up a conversation and bingo, here we go.

I was recently reading a book by Jacques Attali (a name that means in Arabic « He gave me ») that I love, and I found this sentence:
"A human being is only truly born when he becomes aware of his solitude. That is rebirth." Attali continues his reasoning to arrive at a very simple parallelism. He adds "And the rebirth of Europe will begin with the awareness of its solitude. It is necessary to believe indeed that Europe of this time was hardly friend of anybody. He adds

"And it is this solitude that will lead it to defend its treasures, its talents and its place as the first power in the world".

How will I try to find my way out of my loneliness with these beautiful words? He does say that this could be my rebirth. Do I really need to be reborn? I, who never stop thinking, thus taking the risk of my loneliness and my anxiety.

I'm going to make an important point here: although they may seem similar, loneliness and isolation are two very distinct states, that is, two extremely different experiences. For loneliness is something we choose, and isolation is imposed on us by others.

It seems that in my case, solitude has become a desire to enjoy my own company and to appreciate myself as I am. Whereas isolation is a feeling of abandonment, that something is missing, that we are detached from the world, I may consider myself wise inside, but loneliness is stronger than me. That's why I'm going to plunge my soul into tranquility and find myself.

However, I have some friends that I don't see as before. I often think of them and sometimes wonder if they think of me. If they were, have they forgotten me? Far from the eyes, far from the heart, as Victor Hugo would have said.

A word of Aristotle comes back to me for whom solitude implies that any life outside any social group is bearable only for a superhuman or not totally human being. I am convinced that this is not my case. And I have to overcome the fear of being alone and that in this way I will use solitude in a constructive way. Who knows, maybe I will open myself to creativity?
Someone said that creativity is essentially a solitary art. An even lonelier struggle. A blessing for some. A curse for others

And to think that for painters, without great solitude, no serious work is possible. This was the case for Pablo Picasso.
Who among us takes the time to go for long walks on the beach in order to listen to what is going on inside his head? Albert Einstein did it.

I would like to believe that when we were young, solitude was a pain. We believed that nobody loved us, whereas at our age, solitude can be pleasant, it rests us from others.

Yes, I have met people in my life who liked to be alone. I didn't understand them and wondered how they could be happy? It was only later that I realized that these lonely people were free, that they cherished their solitude in exact proportion to their own value. And this reminds me of a brilliant word by none other than Nikola Tesla, who became popular by the car that bears his name. He said, "Being alone ─ that is the secret of invention: being alone is when ideas are born."

As for me, I fight my loneliness by reading and writing. It has become a hobby and a daily occupation. I don't have time to be bored. I think about the subject I am working on and look for something to add to it.

If I were a philosopher, I would have dared to say like Arthur Schopenhauer that "Solitude offers to the intellectually high man a double advantage: the first one, to be with himself, and the second one, not to be with the others".

I also took note of a long sentence by Henry David Thoreau that could summarize many things. In his case, he found it beneficial to be alone most of the time. For him, company, even the best, is soon tiring and harmful. He liked being alone. He never found such good company as solitude.
He added: "Wherever he is, the man who thinks or works is always alone. Loneliness is not measured by the distance that separates a man from his fellows."

To read this text, one would think that the solitude is rather negative, but a certain Camus found for himself  positive aspects. He considers that there are different solitudes. The interior solitude that we feel in the society, which is affective and social and the silent solitude, which is distressing. I believe that the communication is important. It is a prescribed remedy. It allows us to detect a way from anguish to wisdom and to pass thus from a harmful solitude to a salutary and fruitful solitude.

Whereas at the beginning, the title of this subject seemed rather unpleasant, it is necessary to believe that to study it, to be interested in it, it becomes acceptable, even sometimes desirable.